11ème commémoration du massacre de Sencholai

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« J’ai crié. J’ai couru. Je me suis cachée. »

Il y a quelques heures, nous apprenions tous les gestes nécessaires pour aider les blessés. L’atelier devait durer dix jours et c’était notre deuxième journée. Au total, 400 étudiants assistaient à ce même atelier.

À 7 heures, les avions Kfir avaient été aperçus à une certaine distance et nous avions supposé qu’ils volaient dans une autre direction, mais au fait, ils s’approchaient rapidement, de nous.

C’est alors que les bombardements ont commencé.

Nous avions toutes commencées à courir et, alors que j’étais allongée, je me suis demandée: « Pourquoi nous? Qu’avions-nous fait? ». Je priais pour que les avions de chasse partent mais ils sont revenus et ont utilisé davantage d’armes militaires pour nous attaquer.

J’ai vu mes amies se faire blesser, se faire tuer. C’était le chaos, entre celles qui couraient dans toutes les directions pour trouver refuge parmi les attaques et celles jonchées au sol, blessées, mortes. Avec mon cœur battant la chamade, j’ai couru pour assister les filles blessées et nous les portions dans des endroits « plus sûrs ». Alors que nous les aidions, les jets revenaient et nous devions courir pour nous couvrir. En essayant d’aider d’autres filles, nous nous blessions, nous faisions tuées également.

Cela aurait pu être n’importe qui d’entre nous. »

Il y a exactement 11 ans de cela, se déroulait le massacre de Sencholai ; un bombardement lâche et inhumain de la Maison des enfants de Sencholai qui coûtait la vie à 61 petites filles. Une attaque aérienne préméditée par l’armée de l’air sri-lankaise. L’attaque sur ce lieu purement civil coûtait également la vie à trois administrateurs. Sencholai, lieu qui abritait des enfants ayant perdu des parents durant la guerre, faisait partie d’un complexe appelé «Village de la paix» qui comprenait 5 foyers pour enfants et qui était inscrit, auprès du gouvernement du Sri Lanka, dans un rayon d’un km, comme étant des Maisons pour enfants.

 

Le 14 août 2006, les filles de Sencholai participaient à des ateliers de formation aux premiers secours lorsque les bombardiers Kfir de l’armée de l’air sri lankaise ont lâché 16 bombes au-dessus des locaux de la Maison pour enfants de Sencholai à Vallipuram, Mullaithivu. L’attaque faisait également beaucoup de blessés gravement traumatisés. Les attaques aériennes sur Sencholai démontraient sans aucun doute la nature de l’attaque, bel et bien délibérée, prédéterminée et vicieuse. Le bombardement barbare d’un centre dédié au développement d’enfants touchés par la guerre s’inscrit dans la longue liste d’abus, de massacres et d’atrocités perpétrées par le gouvernement sri-lankais sur la population tamoule innocente.

L’Organisation des Jeunes Tamouls appelle les Nations Unies, la communauté internationale, les organisations de défense des droits de l’homme ainsi que les organisations de la société civile à veiller à ce que justice soit rendue aux victimes du massacre de Sencholai et à ce que les auteurs de ce crime odieux soient traduits en justice. Rien d’autre ne permettra « le respect dû à l’opinion de l’humanité ».

Bien que l’attaque ait eu lieu il y a 11 ans, peu de choses ont changé depuis pour les Tamouls. Les actes de génocide pré-planifiés, tels que les expropriations de terres leur appartenant, la militarisation, la « Sinhalisation », le viol, la torture et l’enlèvement de Tamouls de l’Eelam ont tous une intention claire ; celle de détruire complètement la nation. Nous condamnons fermement la continuation de ce génocide à multiples facettes, perpétré par l’État sri-lankais. Au jour d’aujourd’hui, la vie dans ce pays, également patrie, n’a fait qu’empirer pour les Tamouls de l’Eelam, en particulier pour les jeunes de la nation. Les étudiants tamouls sont constamment enlevés et arrêtés par les agents du renseignement de l’armée sri lankaise. Dans la plupart des cas, les arrestations ne sont pas prises en compte et les militaires affirment n’avoir aucune idée de la localisation de ceux qui ont été arrêtés. L’État sri-lankais continue de fonctionner en toute impunité.

Alors que nous commémorons les précieuses vies de nos enfants tués il y a onze ans, l’Organisation des Jeunes Tamouls se promet aujourd’hui de ne pas s’arrêter tant que la justice ne sera pas rendue et que la liberté de notre peuple ne sera pas atteinte.14

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