L’ONU demande des réformes urgentes afin de mettre un terme aux détentions arbitraires au Sri Lanka

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Les Nations Unies ont appelé vendredi le gouvernement sri-lankais à mettre en œuvre d’urgence des réformes pour mettre fin à la détention arbitraire en temps de guerre et renforcer le contrôle indépendant de la législation.

Le Sri Lanka a utilisé la loi de 1979 sur la prévention du terrorisme (PTA) afin d’éviter d’aider et d’encourager le terrorisme sur l’île déjà victime d’un long conflit avec les rebelles tamils.

Cette législation donne de larges pouvoirs à la police d’arrêter un suspect sans en informer la famille proche, de limiter l’accès aux avocats et de permettre une détention pouvant aller jusqu’à 18 mois sans inculpation !

La guerre a pris fin en 2009, pourtant le gouvernement n’a toujours pas abrogé la PTA, bien qu’il ait promis de mettre fin aux détentions arbitraires.

De nombreux Tamils, représentants d’une minorité ethnique, qui ont été arrêtés en vertu de la loi sur la prévention du terrorisme se sont plaints de nombreuses années de détention sans avoir été inculpés.

Les États-Unis demandent maintenant au Sri Lanka d’abroger la loi draconienne et d’introduire une loi acceptable sur le plan international.

Le gouvernement dit qu’il a commencé à remplacer la PTA et qu’il est en train d’adopter une nouvelle loi.

« Il n’existe aucune protection efficace contre l’arbitraire dans ce contexte et il est urgent de renforcer les mécanismes de contrôle et de surveillance indépendants », a déclaré Leigh Toomey, membre du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire à Colombo.

Elle dit également qu’ils avaient identifié des défis importants quant à l’exercice du droit à la liberté personnelle au Sri Lanka, résultant sur des détentions arbitraires à travers le pays.

Le Groupe de travail a également déclaré que leur attention avait été attirée sur la perte de liberté parmi les personnes socialement vulnérables, telles que les enfants, les femmes, les personnes âgées, les personnes ayant des problèmes psychosociaux et les pauvres.

Le Sri Lanka est critiquée par les groupes de défense des droits pour sa lenteur dans les engagements qu’elle a pris devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à la suite d’une résolution américaine appelant à la réconciliation et à une enquête sur tous les crimes de guerre présumés.

Le Sri Lanka a mis fin à une guerre civile de 26 ans l’opposant aux Tigres de libération du Tamil Eelam en 2009. Les Nations Unies et les groupes de défense des droits ont accusé les militaires d’avoir tué lors de ce conflit des milliers de civils, principalement des Tamils.

Les Tigres tamils ont également été accusés d’abus généralisés pendant la guerre, tels que l’utilisation d’enfants soldats et le ciblage de civils avec des kamikazes.

En novembre, les législateurs européens ont déclaré qu’ils étaient déçus de la lente mise en œuvre par le Sri Lanka des réformes des droits de l’homme promis en échange de concessions commerciales.

En 2016, un organisme de surveillance des droits de l’homme a appelé le Sri Lanka à enquêter sur les allégations documentées de torture et de viol de détenus par les forces de sécurité et à restreindre les pouvoirs étendus de la police.

Le Comité contre la torture des États-Unis a fait état de signalements persistants d’enlèvements, de morts en détention, de mauvaises conditions de détention et d’utilisation d’aveux forcés devant les tribunaux.

Source: www.swissinfo.ch/eng/u-n–asks-urgent-reforms-to-end-arbitrary-detention-in-sri-lanka/43758414

Foto source: Leigh Toomey, member of the United Nations Working Group on Arbitrary Detention, speaks at the end of the mission news conference in Colombo, Sri Lanka December 15, 2017. REUTERS/Dinuka Liyanawatte

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